mardi 5 février 2008
Marc Faber, le " funeste " de l'économie mondiale
Marc Faber, le " funeste " de l'économie mondiale
Chronique d'André Gosselin parue dans Finance et Investissement
Faits saillants:
En 1987, deux mois seulement avant le krach, Marc Faber avait recommandé à ses clients de se débarrasser de toutes leurs actions. En 2000, il multiplie les mises en garde face à la bulle Internet
Il manifeste un talent certain pour anticiper aussi bien les grands cycles économiques à la hausse que ceux à la baisse
L'événement sans doute le plus exceptionnel sur le plan mondial et historique est le transfert de richesse entre les pays riches et les pays pauvres
Un boom des matières premières s'accompagne toujours de crises internationale
Il est peu probable que la croissance chinoise s'écroule, et l'Inde a les moyens de poursuivre sur sa lancée
Marc Faber n'hésite pas à surpondérer les marchés émergents dans son portefeuille d'actions
À Wall Street comme dans la City de Londres, on l'appelle " Dr Doom ", ce qu'on peut traduire par " le funeste " ou encore : " celui qui annonce les catastrophes ".
Notre chroniqueur fait le portrait de cet étrange oiseau de malheur.
En 1987, deux mois seulement avant le krach, Marc Faber avait recommandé à ses clients de se débarrasser de toutes leurs actions. En 2000, il multiplie les mises en garde face à la bulle Internet. Il avait annoncé une chute de 50 % de la Bourse japonaise en 1990. Pas de chance, l'indice Nikkei ne perdit que 46 % de sa valeur cette année-là.
Les clients de sa lettre confidentielle (The Gloom, Boom and Doom Report) se souviennent des signaux d'alarme que Faber lançait, dès 1993, au sujet d'une crise financière imminente en Asie. En 1997, la débâcle des marchés surprenait tout le monde, mais pas Faber. Pour les tigres asiatiques, c'était alors dix années de croissance boursière qui disparaissaient en fumée.
Cette région, selon lui, subissait de profonds déséquilibres économiques engendrés par une libéralisation trop hâtive, et par l'appât du gain facile et rapide chez les investisseurs étrangers. Les pays asiatiques n'étaient tout simplement pas prêts à recevoir cette manne de capitaux étrangers qui a nourri des bulles spéculatives gigantesques.
Installé en Asie depuis un quart de siècle, (à Hong Kong d'abord et en Thaïlande depuis quelques années), Marc Faber est l'une des voix les plus écoutées quand vient le temps de faire un diagnostic de l'économie mondiale, de l'Asie en particulier. L'hebdomadaire financier Barron's l'invite chaque année, avec une dizaine de gourous de Wall Street, à sa prestigieuse table ronde de janvier, afin d'écouter ce que cet investisseur suisse, grand voyageur et passionné d'histoire économique, a à dire sur les occasions d'investissement dans le monde.
Marc Faber publiait en 2002 un livre sur l'émergence de l'Asie (Tomorrow's Gold : Asia's Age of Discovery) dans lequel il expose la transformation du monde qui accompagne l'ascension économique de ce vaste continent, un événement aussi capital, selon lui, que la révolution industrielle au 19e siècle ou les grandes découvertes scientifiques au 15e siècle.
Il y annonçait le grand cycle haussier des matières premières qui, effectivement, se poursuit encore aujourd'hui. Comme quoi ce " Suisse asiatique " n'est pas qu'un oiseau de malheur : il manifeste un talent certain pour anticiper aussi bien les grands cycles économiques à la hausse que ceux à la baisse.
Selon lui, la phase d'expansion économique mondiale que l'on connaît depuis 2002 se caractérise par plusieurs facteurs uniques dans l'histoire. C'est la première fois, par exemple, que la Chine, l'Inde et la Russie participent de concert à la croissance, autant à titre de producteurs de biens et de services que comme consommateurs de masse. Leur impact est certes déflationniste sur le plan de la production (avec des coûts de production très bas et une productivité élevée), mais il est inflationniste sur le plan de la consommation, surtout du côté des matières premières.
La phase actuelle d'expansion économique est également inédite dans l'histoire du capitalisme, puisque toutes les grandes catégories d'actif connaissent une hausse de leurs prix : les matières premières, mais aussi les actions, les obligations, l'immobilier et même l'art. Pendant les années 1970, ce n'était pas du tout le cas : le secteur des matières premières progressait, alors que le marché des actions stagnait ou déclinait. Pendant les années 1990, c'était le contraire : les prix des matières premières sont tombés en chute libre, tandis que les actions explosaient.
Mais l'événement sans doute le plus exceptionnel sur le plan mondial et historique est le transfert de richesse entre les pays riches et les pays pauvres. Pour la première fois de mémoire d'homme, ce sont les pays en émergence qui financent les pays développés. L'émergence économique des États-Unis s'est faite aux 18e et 19e siècles grâce aux capitaux britanniques et européens. Et au 20e siècle, ce sont les États-Unis et l'Europe qui finançaient la croissance des pays en développement du tiers-monde. Et que se passe-t-il aujourd'hui? Les États-Unis connaissent un déficit de leur compte courant et de leur balance commerciale avec le reste du monde, notamment les pays asiatiques. Et ces pays financent la consommation des Américains par l'achat massif de bons du Trésor américain.
Depuis quelques mois, Marc Faber craint comme la peste un bombardement américain en Iran et juge que les marchés n'escomptent pas suffisamment cette menace dans le prix des actifs financiers. Les grandes firmes de courtage et les banques, dit-il, emploient des centaines d'analystes financiers, mais aucun analyste politique pour les mettre au fait des tensions géopolitiques actuelles, qui sont loin d'être négligeables.
Un boom des matières premières s'accompagne toujours de crises internationales, car chaque puissance veut assurer ses approvisionnements. Et plus elles sont en quête de ressources naturelles et énergétiques, plus les tensions montent.
Depuis 1995, il ne cesse de répéter que la politique accommodante de la Fed n'aura d'autre effet que de créer un excès de monnaie, risquant de faire plonger les obligations et le dollar. C'est la raison pour laquelle l'or constitue un très bon placement, surtout quand il tombe à moins de 600 $ l'once.
Depuis Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (1987 à 2006), la politique monétaire américaine a consisté à ne rien faire lorsque des bulles spéculatives enflaient, puis à jouer aux pompiers lorsque leur dégonflement menaçait les marchés financiers. On a eu un bel exemple de cela dans la façon dont la Réserve a réagi à la crise des hypothèques à risque, en insufflant toujours plus de liquidités dans l'économie. À terme, cette politique est inflationniste. C'est mauvais pour les actions et catastrophique pour les obligations. " C'est pourquoi l'or et l'argent s'en sortiront beaucoup mieux ", pense Marc Faber.
Il est peu probable que la croissance chinoise s'écroule, et l'Inde a les moyens de poursuivre sur sa lancée. En revanche, après une phase qui a vu le cuivre passer de 0,6 à 4 $, et le pétrole de 11 à 78 $, des corrections vigoureuses, de l'ordre de 40 à 50 %, sont incontournables. Un cycle de hausse des prix des matières premières a une durée de 15 à 20 ans, dit Dr Doom. Chaque correction, aussi importante soit-elle, sera suivie d'une nouvelle phase du grand cycle de hausse qui, à long terme, est indéniable.
Marc Faber est d'accord pour dire que les ressources naturelles ont fait l'objet de beaucoup de spéculation et qu'à court terme, leur appréciation a été exagérée. Surtout depuis que les fonds de couverture se sont mis de la partie. Il estime qu'ils sont responsables de 30 % des prix de l'ensemble des actifs, y compris pour les actions et l'immobilier. Il y a excès de spéculation parce qu'il y a excès de liquidités dans le monde.
Sur les marchés émergents, et particulièrement en Asie, les actions ont historiquement été fortement corrélées aux matières premières. Un refroidissement aux États-Unis entraîne en général des rapatriements de capitaux. Et les pays émergents sont les premiers à en faire les frais. De plus, chaque ralentissement de l'économie américaine se répercute avec plus de force qu'ailleurs sur les Bourses asiatiques. Heureusement, cette relation entre Wall Street et les marchés financiers d'Asie tend à s'estomper au fil des ans.
La Chine, en particulier, dépend de moins en moins des États-Unis, car son marché intérieur se profile de plus en plus comme un débouché de substitution. Et il en va de même en Inde, en Russie, en Europe de l'Est et en Amérique latine.
Pour cette raison, Marc Faber n'hésite pas à surpondérer les marchés émergents dans son portefeuille d'actions. Aux États-Unis, près de 50 % des bénéfices des entreprises appartenant à l'indice S&P 500 sont d'origine purement financière. Une situation qui ne peut pas durer indéfiniment. L'Amérique a des jours sombres devant elle, annonce Dr Doom.
André Gosselin, vice-président recherche, Orientation Finance Inc
Chronique d'André Gosselin parue dans Finance et Investissement
Faits saillants:
En 1987, deux mois seulement avant le krach, Marc Faber avait recommandé à ses clients de se débarrasser de toutes leurs actions. En 2000, il multiplie les mises en garde face à la bulle Internet
Il manifeste un talent certain pour anticiper aussi bien les grands cycles économiques à la hausse que ceux à la baisse
L'événement sans doute le plus exceptionnel sur le plan mondial et historique est le transfert de richesse entre les pays riches et les pays pauvres
Un boom des matières premières s'accompagne toujours de crises internationale
Il est peu probable que la croissance chinoise s'écroule, et l'Inde a les moyens de poursuivre sur sa lancée
Marc Faber n'hésite pas à surpondérer les marchés émergents dans son portefeuille d'actions
À Wall Street comme dans la City de Londres, on l'appelle " Dr Doom ", ce qu'on peut traduire par " le funeste " ou encore : " celui qui annonce les catastrophes ".
Notre chroniqueur fait le portrait de cet étrange oiseau de malheur.
En 1987, deux mois seulement avant le krach, Marc Faber avait recommandé à ses clients de se débarrasser de toutes leurs actions. En 2000, il multiplie les mises en garde face à la bulle Internet. Il avait annoncé une chute de 50 % de la Bourse japonaise en 1990. Pas de chance, l'indice Nikkei ne perdit que 46 % de sa valeur cette année-là.
Les clients de sa lettre confidentielle (The Gloom, Boom and Doom Report) se souviennent des signaux d'alarme que Faber lançait, dès 1993, au sujet d'une crise financière imminente en Asie. En 1997, la débâcle des marchés surprenait tout le monde, mais pas Faber. Pour les tigres asiatiques, c'était alors dix années de croissance boursière qui disparaissaient en fumée.
Cette région, selon lui, subissait de profonds déséquilibres économiques engendrés par une libéralisation trop hâtive, et par l'appât du gain facile et rapide chez les investisseurs étrangers. Les pays asiatiques n'étaient tout simplement pas prêts à recevoir cette manne de capitaux étrangers qui a nourri des bulles spéculatives gigantesques.
Installé en Asie depuis un quart de siècle, (à Hong Kong d'abord et en Thaïlande depuis quelques années), Marc Faber est l'une des voix les plus écoutées quand vient le temps de faire un diagnostic de l'économie mondiale, de l'Asie en particulier. L'hebdomadaire financier Barron's l'invite chaque année, avec une dizaine de gourous de Wall Street, à sa prestigieuse table ronde de janvier, afin d'écouter ce que cet investisseur suisse, grand voyageur et passionné d'histoire économique, a à dire sur les occasions d'investissement dans le monde.
Marc Faber publiait en 2002 un livre sur l'émergence de l'Asie (Tomorrow's Gold : Asia's Age of Discovery) dans lequel il expose la transformation du monde qui accompagne l'ascension économique de ce vaste continent, un événement aussi capital, selon lui, que la révolution industrielle au 19e siècle ou les grandes découvertes scientifiques au 15e siècle.
Il y annonçait le grand cycle haussier des matières premières qui, effectivement, se poursuit encore aujourd'hui. Comme quoi ce " Suisse asiatique " n'est pas qu'un oiseau de malheur : il manifeste un talent certain pour anticiper aussi bien les grands cycles économiques à la hausse que ceux à la baisse.
Selon lui, la phase d'expansion économique mondiale que l'on connaît depuis 2002 se caractérise par plusieurs facteurs uniques dans l'histoire. C'est la première fois, par exemple, que la Chine, l'Inde et la Russie participent de concert à la croissance, autant à titre de producteurs de biens et de services que comme consommateurs de masse. Leur impact est certes déflationniste sur le plan de la production (avec des coûts de production très bas et une productivité élevée), mais il est inflationniste sur le plan de la consommation, surtout du côté des matières premières.
La phase actuelle d'expansion économique est également inédite dans l'histoire du capitalisme, puisque toutes les grandes catégories d'actif connaissent une hausse de leurs prix : les matières premières, mais aussi les actions, les obligations, l'immobilier et même l'art. Pendant les années 1970, ce n'était pas du tout le cas : le secteur des matières premières progressait, alors que le marché des actions stagnait ou déclinait. Pendant les années 1990, c'était le contraire : les prix des matières premières sont tombés en chute libre, tandis que les actions explosaient.
Mais l'événement sans doute le plus exceptionnel sur le plan mondial et historique est le transfert de richesse entre les pays riches et les pays pauvres. Pour la première fois de mémoire d'homme, ce sont les pays en émergence qui financent les pays développés. L'émergence économique des États-Unis s'est faite aux 18e et 19e siècles grâce aux capitaux britanniques et européens. Et au 20e siècle, ce sont les États-Unis et l'Europe qui finançaient la croissance des pays en développement du tiers-monde. Et que se passe-t-il aujourd'hui? Les États-Unis connaissent un déficit de leur compte courant et de leur balance commerciale avec le reste du monde, notamment les pays asiatiques. Et ces pays financent la consommation des Américains par l'achat massif de bons du Trésor américain.
Depuis quelques mois, Marc Faber craint comme la peste un bombardement américain en Iran et juge que les marchés n'escomptent pas suffisamment cette menace dans le prix des actifs financiers. Les grandes firmes de courtage et les banques, dit-il, emploient des centaines d'analystes financiers, mais aucun analyste politique pour les mettre au fait des tensions géopolitiques actuelles, qui sont loin d'être négligeables.
Un boom des matières premières s'accompagne toujours de crises internationales, car chaque puissance veut assurer ses approvisionnements. Et plus elles sont en quête de ressources naturelles et énergétiques, plus les tensions montent.
Depuis 1995, il ne cesse de répéter que la politique accommodante de la Fed n'aura d'autre effet que de créer un excès de monnaie, risquant de faire plonger les obligations et le dollar. C'est la raison pour laquelle l'or constitue un très bon placement, surtout quand il tombe à moins de 600 $ l'once.
Depuis Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (1987 à 2006), la politique monétaire américaine a consisté à ne rien faire lorsque des bulles spéculatives enflaient, puis à jouer aux pompiers lorsque leur dégonflement menaçait les marchés financiers. On a eu un bel exemple de cela dans la façon dont la Réserve a réagi à la crise des hypothèques à risque, en insufflant toujours plus de liquidités dans l'économie. À terme, cette politique est inflationniste. C'est mauvais pour les actions et catastrophique pour les obligations. " C'est pourquoi l'or et l'argent s'en sortiront beaucoup mieux ", pense Marc Faber.
Il est peu probable que la croissance chinoise s'écroule, et l'Inde a les moyens de poursuivre sur sa lancée. En revanche, après une phase qui a vu le cuivre passer de 0,6 à 4 $, et le pétrole de 11 à 78 $, des corrections vigoureuses, de l'ordre de 40 à 50 %, sont incontournables. Un cycle de hausse des prix des matières premières a une durée de 15 à 20 ans, dit Dr Doom. Chaque correction, aussi importante soit-elle, sera suivie d'une nouvelle phase du grand cycle de hausse qui, à long terme, est indéniable.
Marc Faber est d'accord pour dire que les ressources naturelles ont fait l'objet de beaucoup de spéculation et qu'à court terme, leur appréciation a été exagérée. Surtout depuis que les fonds de couverture se sont mis de la partie. Il estime qu'ils sont responsables de 30 % des prix de l'ensemble des actifs, y compris pour les actions et l'immobilier. Il y a excès de spéculation parce qu'il y a excès de liquidités dans le monde.
Sur les marchés émergents, et particulièrement en Asie, les actions ont historiquement été fortement corrélées aux matières premières. Un refroidissement aux États-Unis entraîne en général des rapatriements de capitaux. Et les pays émergents sont les premiers à en faire les frais. De plus, chaque ralentissement de l'économie américaine se répercute avec plus de force qu'ailleurs sur les Bourses asiatiques. Heureusement, cette relation entre Wall Street et les marchés financiers d'Asie tend à s'estomper au fil des ans.
La Chine, en particulier, dépend de moins en moins des États-Unis, car son marché intérieur se profile de plus en plus comme un débouché de substitution. Et il en va de même en Inde, en Russie, en Europe de l'Est et en Amérique latine.
Pour cette raison, Marc Faber n'hésite pas à surpondérer les marchés émergents dans son portefeuille d'actions. Aux États-Unis, près de 50 % des bénéfices des entreprises appartenant à l'indice S&P 500 sont d'origine purement financière. Une situation qui ne peut pas durer indéfiniment. L'Amérique a des jours sombres devant elle, annonce Dr Doom.
André Gosselin, vice-président recherche, Orientation Finance Inc
jeudi 31 janvier 2008
"L'or fera mieux que les actions, c'est certain"
"La Vie Financière N°3269 / Vendredi 01 Fevrier 2008 à / Catégorie : Interview
Pour avoir anticipé le krach de 1987 et la bulle japonaise en 1989, Felix Zulauf fait autorité dans le cercle des meilleurs gestionnaires suisses. Il redoute une crise économique longue.
Felix Zulauf, président fondateur de Zulauf Asset Management Vous aimez commencer vos analyses par l'étude des grands cycles ?
F. Z. Oui, les boursiers ont tendance à se focaliser sur le très court terme et ne voient pas toujours les tendances de fond. Commençons par les taux : ils baissent depuis près d'un quart de siècle ! Nous sommes proches des plus-bas de 2003, à environ 3 % pour les emprunts à dix ans américains, contre près de 15 % en 1987. Non seulement il n'y a plus rien à gagner sur les obligations, mais un des grands facteurs de soutien des marchés d'actions va disparaître. Dans peu de temps, les taux repartiront à la hausse, partout dans le monde et pour de longues années.
Et les actions ?
Après près de vingt ans de hausse, de 1982 à 2000, les marchés américains et européens sont entrés dans une phase de consolidation. Ils connaîtront de fortes variations cycliques, mais il n'y pas grand-chose à attendre pour les dix années qui viennent. Les marchés émergents, stimulés par leur croissance à long terme, pourront tirer leur épingle du jeu.
Pourquoi tant de pessimisme pour les pays développés ?
Les excès sont importants. La crise immobilière dans les pays anglo-saxons ne peut se résoudre avant plusieurs années à cause des stocks considérables d'invendus. Dans certaines régions qui ont connu une forte activité spéculative, il faudra au moins quatre ans pour résorber le stock. En Floride, j'ai vu de véritables villes fantômes. La baisse a déjà commencé. L'indice très large de l'immobilier américain, le S&P/Case-Shiller, a déjà perdu 7 % mais, dans beaucoup de régions, les prix ont déjà chuté de 20 %. Seuls les biens d'une qualité tout à fait exceptionnelle peuvent trouver acquéreur. L'immobilier commercial sera également touché. En France, les prix ont grimpé plus qu'aux Etats-Unis. Ils baisseront donc également.
Et le marché hypothécaire ?
Les boursiers commencent à comprendre l'étendue du problème des subprimes, mais ils sous-estiment considérablement celui des CDS. Le marché non régulé des credit default swaps est gigantesque. Il est beaucoup plus important que celui des subprimes (environ 9 000 milliards de dollars). La créativité des financiers s'est attaquée à tout l'univers du crédit. Une banque achète un package de crédits et l'assure auprès d'un hedge fund ou d'une autre entité, mais ces derniers n'ont pas les capitaux adéquats pour ce type de risque, ce qui déclenche des faillites en chaîne. Les Etats devront intervenir en créant toujours plus de liquidités. Enfin, les finances du consommateur américain, qui contribue pour 70 % au PIB, sont à un plus-bas historique. Le taux d'épargne des ménages, qui était de 13 % en 1982, est maintenant négatif.
Les Américains vont devoir reconstituer leur épargne.
C'est la cause du ralentissement américain ?
C'est une récession américaine qui se profile. Elle ne prendra pas la forme d'un V (baisse suivie rapidement d'une remontée) comme en 1990 ou en 2000, mais celle d'un L (forte baisse de l'activité sans reprise rapide). Au contraire, la contraction économique sera longue, dure et profonde.
L'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ?
Ceux qui croient cela croient aux contes de fées. L'Europe entrera en récession d'ici douze mois. Le Japon sera moins vulnérable car il a déjà purgé ses excès, tandis que les marchés émergents continueront à progresser mais avec des taux de croissance plus faibles.
Les Bourses, faiblement valorisées, peuvent-elles tirer leur épingle du jeu ?
Oui ! Les Bourses ne sont pas très chères mais les bénéfices des sociétés sont à un plus-haut historique et ils baisseront. Je crois à une poursuite de la baisse des actions pour le début de ce semestre avec une reprise dès que les gouvernements annonceront des programmes de grands travaux et des mesures fiscales de relance. La baisse des taux va se poursuivre, mais elle ne sert pas à grand-chose. Nous sommes dans une période de contraction du crédit. Et ce n'est pas parce que le coût de l'argent sera moins élevé que les banques pourront relancer leur activité de prêt. A terme, le conflit entre les forces de déflation venant des pays émergents et les forces inflationnistes dues à l'augmentation des masses monétaires partout dans le monde verra malheureusement la victoire des secondes. L'inflation reviendra.
C'est bon pour les matières premières et pour l'or ?
L'or fera mieux que les actions, c'est certain. Les matières premières terminent leur correction. Leur hausse peut encore se poursuivre dix ans. Le pétrole peut corriger vers 70 dollars mais, à terme, il faudra compter avec l'or noir à 300 dollars le baril."
Pris sur le forum pétrole de Boursorama.
Je partage les gros traits de ce raisonnement.
Laloss
Pour avoir anticipé le krach de 1987 et la bulle japonaise en 1989, Felix Zulauf fait autorité dans le cercle des meilleurs gestionnaires suisses. Il redoute une crise économique longue.
Felix Zulauf, président fondateur de Zulauf Asset Management Vous aimez commencer vos analyses par l'étude des grands cycles ?
F. Z. Oui, les boursiers ont tendance à se focaliser sur le très court terme et ne voient pas toujours les tendances de fond. Commençons par les taux : ils baissent depuis près d'un quart de siècle ! Nous sommes proches des plus-bas de 2003, à environ 3 % pour les emprunts à dix ans américains, contre près de 15 % en 1987. Non seulement il n'y a plus rien à gagner sur les obligations, mais un des grands facteurs de soutien des marchés d'actions va disparaître. Dans peu de temps, les taux repartiront à la hausse, partout dans le monde et pour de longues années.
Et les actions ?
Après près de vingt ans de hausse, de 1982 à 2000, les marchés américains et européens sont entrés dans une phase de consolidation. Ils connaîtront de fortes variations cycliques, mais il n'y pas grand-chose à attendre pour les dix années qui viennent. Les marchés émergents, stimulés par leur croissance à long terme, pourront tirer leur épingle du jeu.
Pourquoi tant de pessimisme pour les pays développés ?
Les excès sont importants. La crise immobilière dans les pays anglo-saxons ne peut se résoudre avant plusieurs années à cause des stocks considérables d'invendus. Dans certaines régions qui ont connu une forte activité spéculative, il faudra au moins quatre ans pour résorber le stock. En Floride, j'ai vu de véritables villes fantômes. La baisse a déjà commencé. L'indice très large de l'immobilier américain, le S&P/Case-Shiller, a déjà perdu 7 % mais, dans beaucoup de régions, les prix ont déjà chuté de 20 %. Seuls les biens d'une qualité tout à fait exceptionnelle peuvent trouver acquéreur. L'immobilier commercial sera également touché. En France, les prix ont grimpé plus qu'aux Etats-Unis. Ils baisseront donc également.
Et le marché hypothécaire ?
Les boursiers commencent à comprendre l'étendue du problème des subprimes, mais ils sous-estiment considérablement celui des CDS. Le marché non régulé des credit default swaps est gigantesque. Il est beaucoup plus important que celui des subprimes (environ 9 000 milliards de dollars). La créativité des financiers s'est attaquée à tout l'univers du crédit. Une banque achète un package de crédits et l'assure auprès d'un hedge fund ou d'une autre entité, mais ces derniers n'ont pas les capitaux adéquats pour ce type de risque, ce qui déclenche des faillites en chaîne. Les Etats devront intervenir en créant toujours plus de liquidités. Enfin, les finances du consommateur américain, qui contribue pour 70 % au PIB, sont à un plus-bas historique. Le taux d'épargne des ménages, qui était de 13 % en 1982, est maintenant négatif.
Les Américains vont devoir reconstituer leur épargne.
C'est la cause du ralentissement américain ?
C'est une récession américaine qui se profile. Elle ne prendra pas la forme d'un V (baisse suivie rapidement d'une remontée) comme en 1990 ou en 2000, mais celle d'un L (forte baisse de l'activité sans reprise rapide). Au contraire, la contraction économique sera longue, dure et profonde.
L'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ?
Ceux qui croient cela croient aux contes de fées. L'Europe entrera en récession d'ici douze mois. Le Japon sera moins vulnérable car il a déjà purgé ses excès, tandis que les marchés émergents continueront à progresser mais avec des taux de croissance plus faibles.
Les Bourses, faiblement valorisées, peuvent-elles tirer leur épingle du jeu ?
Oui ! Les Bourses ne sont pas très chères mais les bénéfices des sociétés sont à un plus-haut historique et ils baisseront. Je crois à une poursuite de la baisse des actions pour le début de ce semestre avec une reprise dès que les gouvernements annonceront des programmes de grands travaux et des mesures fiscales de relance. La baisse des taux va se poursuivre, mais elle ne sert pas à grand-chose. Nous sommes dans une période de contraction du crédit. Et ce n'est pas parce que le coût de l'argent sera moins élevé que les banques pourront relancer leur activité de prêt. A terme, le conflit entre les forces de déflation venant des pays émergents et les forces inflationnistes dues à l'augmentation des masses monétaires partout dans le monde verra malheureusement la victoire des secondes. L'inflation reviendra.
C'est bon pour les matières premières et pour l'or ?
L'or fera mieux que les actions, c'est certain. Les matières premières terminent leur correction. Leur hausse peut encore se poursuivre dix ans. Le pétrole peut corriger vers 70 dollars mais, à terme, il faudra compter avec l'or noir à 300 dollars le baril."
Pris sur le forum pétrole de Boursorama.
Je partage les gros traits de ce raisonnement.
Laloss
lundi 21 janvier 2008
Renversement de cycles?
Je crois que la matérialisation de ce changement de cycles est de plus en plus évidente.
Je le signalais il y a quelques jours...les perspectives de croissance bénéficiaire étaient bien trop optimistes. La crise immobilière et le crédit crunch sous-estimés. Je pense, mais j'espère me tromper, que nous entrons dans une ère de stagnation au mieux des marchés voire de baisse sur le moyen terme, c'est à dire une période trés rude pour les investisseurs. Cette opinion, elle est mienne depuis plus d'un an, ce qui m'a permis pour l'instant de m'en sortir correctement mais l'avenir n'en reste pas moins incertain.
Face à cette situation, il faut établir une stratégie, basée sur une analyse macro en ce qui me concerne, et surtout, respecter les fondamentaux de la gestion d'un portefeuille boursier.
Ces fondamentaux, quels sont-ils?
Ne pas céder à la panique, vous allez commettre une erreur..dans la majorité des cas.
Maintenir ou mettre en place des versements programmés sur des supports d'investissement gérés par des professionnels réactifs. Voici une liste de fonds que j'apprécie particulièrement:
-R valor
-Carmignac patrimoine
-RP sélection convertibles
-Sextant grand large
Il y en a bien d'autres...
Relever la tête de son écran et ne pas regarder le rouge s'accumuler. Il faut, dans ces circonstances, maintenir le cap.... c'est à dire se replacer dans le cadre d'un investissement à LT.
J'ai pour principe de conserver cet horizon toujours en tête. Mon horizon est fait d'une stratégie simple basée sur une analyse macro-économique. Je vois deux grands catalyseurs pour les années à venir. L'inflation et le pétrole.
Sur le pétrole, je ne vais pas y revenir dessus, l'un de mes derniers commentaires y est consacré. Toutefois, comme je le signalais, une correction était prévisible sur fond de ralentissement économique mondial. Je me suis fixé le seuil des 50/60$ cad une purge assez importante. Il est possible qu'on n'atteigne pas ces seuils car je suis surpris de la bonne tenue du pétrole en cette période troublée. Il a chuté..mais peu finalement par rapport à ses sommets. C'est à ce niveau que l'on voit que la spéculation n'est pas le catalyseur de la hausse du brut, c'est bien les tensions sur le rapport offre/demande. Je conserve donc toujours mon biais haussier sur le pétrole à moyen-long terme. Baissier à court terme.
Sur l'inflation, c'est à mon avis la grande surprise à venir des marchés. Ils étaient déjà surpris de voir des taux élevés en fin d'année 2007..ce n'était pas mon cas. Mais la quasi-majorité des analystes et économistes évoquent un tassement et un retour à la "normale" dans un avenir proche. Ce n'est pas mon scénario sur la période des 5-10 ans à venir. Je crois qu'ils sous-estiment le caractère structurel de ce mouvement inflationniste. Il est bien ancré dans l'économie mondiale et sera accentué par les baisses de taux massives que vont dispenser Bernanke et..dans un futur proche la BCE. Cette approche macro me fait dire depuis un bon bout de temps que l'or est et sera un actif performant au cours de la prochaine décennie. Le monde "obligataire" risque, quant à lui, d'être surpris.
Quant aux marchés actions, je suis baissier......et haussier.
Baissier sur les indices, baissier sur la gestion trés diversifiée. Nous entrons dans un nouveau cycle, à l'instar de celui des années 70, qui a été plutôt défavorable aux actions une fois leur performance réajustée à l'inflation. Haussier sur les actions qui peuvent maintenir leurs marges, leur croissance dans un environnement incertain. Je crois que les petites valeurs de croissance, dans le domaine de l'énergie, peuvent s'en sortir correctement. Mais il faudra être trés sélectif..
Mes choix présentés sur ce blog s'inscrivent dans ce raisonnement.
MOG, par exemple, est une junior pétrolière. Horreur en ces temps d'incertitudes, de crédit crunch..les risques de faillite sont importants sur les juniors car si elles n'arrivent plus à trouver du cash, elles ne connaîtront qu'une seule direction. MOG, à la différence de 90% des juniors, produit déjà un peu de gaz. Cette production doit plus que doubler dans les deux ans. Elle bénéficiera et bénéficie d'un flux de cash, ce qui exclut un scénario catastrophe. L'évolution du cours de bourse ne sera guidée que par la réussite des forages. Nous sommes donc, d'une certaine manière, hors marché.
Afren et Gasol...des juniors, elles-aussi...mais avec à leur tête du gros calibre. Je n'ai aucun doute sur la capacité d'un ancien président de l'OPEP à lever des fonds en période de crise. Afren devrait produire avant la fin de l'année 2008 10 000 b/j. Gasol, je l'espère, signera son premier contrat afin de lancer un projet de LNG dans la région.
L'énergie sera un des thèmes majeurs du 21 ème siècle. Je n'invente rien. Il suffit de conserver cet horizon avec calme et sérennité.
La variable qui peut changer ce scénario est la capacité de résistance de l'économie chinoise et US. Je m'attends à une période de récession sévère aux US et un ralentissement sensible de la croissance mondiale mais j'écarte le scénario catastrophe de crise systémique...pour l'instant. La faillite d'une grande institution financère serait un mauvais signal..il faut donc rester vigilant.
Dans le cadre d'un tel scénario, il n'y aurait pas beaucoup de sorties de secours...mise à part le cash...et le GOLD.
Bon courage à tous.
Je le signalais il y a quelques jours...les perspectives de croissance bénéficiaire étaient bien trop optimistes. La crise immobilière et le crédit crunch sous-estimés. Je pense, mais j'espère me tromper, que nous entrons dans une ère de stagnation au mieux des marchés voire de baisse sur le moyen terme, c'est à dire une période trés rude pour les investisseurs. Cette opinion, elle est mienne depuis plus d'un an, ce qui m'a permis pour l'instant de m'en sortir correctement mais l'avenir n'en reste pas moins incertain.
Face à cette situation, il faut établir une stratégie, basée sur une analyse macro en ce qui me concerne, et surtout, respecter les fondamentaux de la gestion d'un portefeuille boursier.
Ces fondamentaux, quels sont-ils?
Ne pas céder à la panique, vous allez commettre une erreur..dans la majorité des cas.
Maintenir ou mettre en place des versements programmés sur des supports d'investissement gérés par des professionnels réactifs. Voici une liste de fonds que j'apprécie particulièrement:
-R valor
-Carmignac patrimoine
-RP sélection convertibles
-Sextant grand large
Il y en a bien d'autres...
Relever la tête de son écran et ne pas regarder le rouge s'accumuler. Il faut, dans ces circonstances, maintenir le cap.... c'est à dire se replacer dans le cadre d'un investissement à LT.
J'ai pour principe de conserver cet horizon toujours en tête. Mon horizon est fait d'une stratégie simple basée sur une analyse macro-économique. Je vois deux grands catalyseurs pour les années à venir. L'inflation et le pétrole.
Sur le pétrole, je ne vais pas y revenir dessus, l'un de mes derniers commentaires y est consacré. Toutefois, comme je le signalais, une correction était prévisible sur fond de ralentissement économique mondial. Je me suis fixé le seuil des 50/60$ cad une purge assez importante. Il est possible qu'on n'atteigne pas ces seuils car je suis surpris de la bonne tenue du pétrole en cette période troublée. Il a chuté..mais peu finalement par rapport à ses sommets. C'est à ce niveau que l'on voit que la spéculation n'est pas le catalyseur de la hausse du brut, c'est bien les tensions sur le rapport offre/demande. Je conserve donc toujours mon biais haussier sur le pétrole à moyen-long terme. Baissier à court terme.
Sur l'inflation, c'est à mon avis la grande surprise à venir des marchés. Ils étaient déjà surpris de voir des taux élevés en fin d'année 2007..ce n'était pas mon cas. Mais la quasi-majorité des analystes et économistes évoquent un tassement et un retour à la "normale" dans un avenir proche. Ce n'est pas mon scénario sur la période des 5-10 ans à venir. Je crois qu'ils sous-estiment le caractère structurel de ce mouvement inflationniste. Il est bien ancré dans l'économie mondiale et sera accentué par les baisses de taux massives que vont dispenser Bernanke et..dans un futur proche la BCE. Cette approche macro me fait dire depuis un bon bout de temps que l'or est et sera un actif performant au cours de la prochaine décennie. Le monde "obligataire" risque, quant à lui, d'être surpris.
Quant aux marchés actions, je suis baissier......et haussier.
Baissier sur les indices, baissier sur la gestion trés diversifiée. Nous entrons dans un nouveau cycle, à l'instar de celui des années 70, qui a été plutôt défavorable aux actions une fois leur performance réajustée à l'inflation. Haussier sur les actions qui peuvent maintenir leurs marges, leur croissance dans un environnement incertain. Je crois que les petites valeurs de croissance, dans le domaine de l'énergie, peuvent s'en sortir correctement. Mais il faudra être trés sélectif..
Mes choix présentés sur ce blog s'inscrivent dans ce raisonnement.
MOG, par exemple, est une junior pétrolière. Horreur en ces temps d'incertitudes, de crédit crunch..les risques de faillite sont importants sur les juniors car si elles n'arrivent plus à trouver du cash, elles ne connaîtront qu'une seule direction. MOG, à la différence de 90% des juniors, produit déjà un peu de gaz. Cette production doit plus que doubler dans les deux ans. Elle bénéficiera et bénéficie d'un flux de cash, ce qui exclut un scénario catastrophe. L'évolution du cours de bourse ne sera guidée que par la réussite des forages. Nous sommes donc, d'une certaine manière, hors marché.
Afren et Gasol...des juniors, elles-aussi...mais avec à leur tête du gros calibre. Je n'ai aucun doute sur la capacité d'un ancien président de l'OPEP à lever des fonds en période de crise. Afren devrait produire avant la fin de l'année 2008 10 000 b/j. Gasol, je l'espère, signera son premier contrat afin de lancer un projet de LNG dans la région.
L'énergie sera un des thèmes majeurs du 21 ème siècle. Je n'invente rien. Il suffit de conserver cet horizon avec calme et sérennité.
La variable qui peut changer ce scénario est la capacité de résistance de l'économie chinoise et US. Je m'attends à une période de récession sévère aux US et un ralentissement sensible de la croissance mondiale mais j'écarte le scénario catastrophe de crise systémique...pour l'instant. La faillite d'une grande institution financère serait un mauvais signal..il faut donc rester vigilant.
Dans le cadre d'un tel scénario, il n'y aurait pas beaucoup de sorties de secours...mise à part le cash...et le GOLD.
Bon courage à tous.
dimanche 6 janvier 2008
Bonne année à tous
Mes meilleurs voeux pour cette année 2008.
Sur le plan boursier, l'année débute sur l'appréhension d'une transmission de la crise financière à la sphère de l'économie réelle. C'est une évidence pour moi tant le secteur immobilier US est entré en récesssion. L'évolution des stocks ne présage rien de bon. Les prix continuent de chuter sévèrement. L'effet "perte de richesse" risque d'impacter sensiblement la consommation d'ici quelques mois, moteur de l'économie américaine.
L'immobilier européen montre quant à lui des signes de faiblesse ou de retournement en Espagne et en GB par ex. Je crois malheureusement qu'une récession immobilière va également affecter l'europe. Le ratio "Prix de l'immobilier sur revenus moyens des ménages " est à des plus hauts historiques. Ceci, couplé à une crise du crédit, devrait aboutir à une correction sensible des prix sur plusieurs années. J'entrevois une correction d'au moins 25% des prix de l'immobilier en France dans les 3/4 à venir.
La théorie du découplage fait la "une" des commentaires d'analystes. Il est vrai que le monde émergent est en pleine euphorie de croissance. Malheureusement, je crois que de nombreux économistes sous-estiment la part des USA dans la croissance du PIB de ces pays. La croissance économique chinoise restera forte, elle tourne encore autour des 10%, un retour d'ici 12 à 24 mois sur des niveaux inférieurs me semble fort probable.
A partir de ces réflexions, quelle est ma position?
Il faut être prudent...mais là je ne dis rien de plus que la plupart des analystes financiers.
Je pense qu'il faut et faudra être trés sélectif, concentré et serein.
Sur les actions en général, je suis réservé car les anticipations de bénéfices des analystes financiers me semblent bien trop optimistes. J'anticipe une correction plus brutale des indices sur fond de révisions des perspectives bénéficiaires des entreprises tout au long de l'année 2008.
Sur les actions US, elles diposent d'une plus grande capacité de résistance. Malheureusement, Bernanke risque de procéder au cours de l'année 2008 à des baisses de taux bien plus marquées que ne l'anticipent les économistes. La pression sur le $ risque de s'accentuer en cours d'année er le seuil des 1.50 pourrait casser.
Sur les actions japonaises, la consommation ralentie, la croissance également, la démographie ne joue pas en leur faveur, le chomage augmente un peu..je ne vois qu'un seul soutien potentiellement intéressant en 2008, une remontée spectaculaire du Yen. L'effet devise pourrait soutenir ce segment.
Sur les actions émergentes, je suis positif à long terme. Mais, rebondissant sur mes précedents propos, je suis trés pudent à court terme. Les valorisations sont trés élevées sur certains marchés. Les performances sont exceptionnelles depuis plusieurs années. Ils risquent de souffrir plus sensiblement en cours d'année 2008. L'objectif serait de profiter d'excès à la baisse pour se repositionner sur le secteur.
En parlant d'excès à la baisse, je crois que le secteur immobilier est dans cette situation. La correction frôle les 50% sur certaines valeurs, les rendements sont intéressants. Sur les deux, trois prochaines années, il est possible que ce secteur stagne voire baisse encore un peu mais j'ai l'impression que le potentiel de hausse devient important à long terme. Les dividendes généreux permettront de patienter quelques années.
Pour les financières, je m'étais dès 2006 initié aux mécanismes de titrisation. A l'occasion de l'étude de certains documents publiés par la Banque de France, je ciblais des risques élevés de crise majeure mais à quelle échéance..je n'en savais rien. L'été 2007 a été le déclencheur. en réalité la crise avait commencé bien avant sur le segment des dérivés de crédit mais la crise n'a réellement éclaté qu'au cours de l'été. Les financières ont beaucoup baissé, malheureusement je reste frileux face à la complexité des montages et des mécanismes de transfert de crédits. Je crois qu'il est plus prudent d'attendre la publication des bilans en 2008 avant de prendre position sur ce secteur.
Enfin, Les deux piliers de mon portefeuille, à savoir l'or et le pétrole.
Pour l'instant, ce choix est gagnant. L'or et le pétrole servent de valeur-refuge face à un risque de correction encore plus prononcée du $. Les tensions sur le rapport offre/demande soutiennent les cours du pétrole et servent de caution à des mouvements spéculatifs. L'atteinte des 100$ était clairement un objectif de certains intervenants sur ce marché. Désormais, je suis prudent sur les cours du brut c'est à dire que je ne prends pas position sur ces niveaux notamment sur des positions corrélées au sous-jacent physique.
Sur les actions pétrolières, je suis positif car elle ne réflète pas la hausse du brut de ces derniers mois, elles sont relativement peu chères. Mon biais "juniors" pétrolières m'a permis d'engranger de bons résultats. Afren est passée de 0.64 £ à 1.15£, Gasol de 0.55 à 0.8 £ et MOG de 1.55£ à 1.47£ depuis la fin juillet 2007. Pour l'instant, je suis satisfait de ces choix.
Je maintiens ces positions et ne change rien pour l'instant. Seul un évènement intrinsèque à l'une de ces sociétés pourrait aboutir à une cession partielle ou totale de ma position.
Quant à l'or, je suis toujours haussier à moyen-long terme. Mon objectif sur ce support est la cible des 1500 $ l'once d'ici quelques années. Je privilégie le physique en direct et Prim commodor comme vecteur d'investissement sur le gold. Une petite part est allouée aux mines d'or mais ce secteur est l'un des plus spéculatifs du marché, la prudence s'impose.
Sur le plan boursier, l'année débute sur l'appréhension d'une transmission de la crise financière à la sphère de l'économie réelle. C'est une évidence pour moi tant le secteur immobilier US est entré en récesssion. L'évolution des stocks ne présage rien de bon. Les prix continuent de chuter sévèrement. L'effet "perte de richesse" risque d'impacter sensiblement la consommation d'ici quelques mois, moteur de l'économie américaine.
L'immobilier européen montre quant à lui des signes de faiblesse ou de retournement en Espagne et en GB par ex. Je crois malheureusement qu'une récession immobilière va également affecter l'europe. Le ratio "Prix de l'immobilier sur revenus moyens des ménages " est à des plus hauts historiques. Ceci, couplé à une crise du crédit, devrait aboutir à une correction sensible des prix sur plusieurs années. J'entrevois une correction d'au moins 25% des prix de l'immobilier en France dans les 3/4 à venir.
La théorie du découplage fait la "une" des commentaires d'analystes. Il est vrai que le monde émergent est en pleine euphorie de croissance. Malheureusement, je crois que de nombreux économistes sous-estiment la part des USA dans la croissance du PIB de ces pays. La croissance économique chinoise restera forte, elle tourne encore autour des 10%, un retour d'ici 12 à 24 mois sur des niveaux inférieurs me semble fort probable.
A partir de ces réflexions, quelle est ma position?
Il faut être prudent...mais là je ne dis rien de plus que la plupart des analystes financiers.
Je pense qu'il faut et faudra être trés sélectif, concentré et serein.
Sur les actions en général, je suis réservé car les anticipations de bénéfices des analystes financiers me semblent bien trop optimistes. J'anticipe une correction plus brutale des indices sur fond de révisions des perspectives bénéficiaires des entreprises tout au long de l'année 2008.
Sur les actions US, elles diposent d'une plus grande capacité de résistance. Malheureusement, Bernanke risque de procéder au cours de l'année 2008 à des baisses de taux bien plus marquées que ne l'anticipent les économistes. La pression sur le $ risque de s'accentuer en cours d'année er le seuil des 1.50 pourrait casser.
Sur les actions japonaises, la consommation ralentie, la croissance également, la démographie ne joue pas en leur faveur, le chomage augmente un peu..je ne vois qu'un seul soutien potentiellement intéressant en 2008, une remontée spectaculaire du Yen. L'effet devise pourrait soutenir ce segment.
Sur les actions émergentes, je suis positif à long terme. Mais, rebondissant sur mes précedents propos, je suis trés pudent à court terme. Les valorisations sont trés élevées sur certains marchés. Les performances sont exceptionnelles depuis plusieurs années. Ils risquent de souffrir plus sensiblement en cours d'année 2008. L'objectif serait de profiter d'excès à la baisse pour se repositionner sur le secteur.
En parlant d'excès à la baisse, je crois que le secteur immobilier est dans cette situation. La correction frôle les 50% sur certaines valeurs, les rendements sont intéressants. Sur les deux, trois prochaines années, il est possible que ce secteur stagne voire baisse encore un peu mais j'ai l'impression que le potentiel de hausse devient important à long terme. Les dividendes généreux permettront de patienter quelques années.
Pour les financières, je m'étais dès 2006 initié aux mécanismes de titrisation. A l'occasion de l'étude de certains documents publiés par la Banque de France, je ciblais des risques élevés de crise majeure mais à quelle échéance..je n'en savais rien. L'été 2007 a été le déclencheur. en réalité la crise avait commencé bien avant sur le segment des dérivés de crédit mais la crise n'a réellement éclaté qu'au cours de l'été. Les financières ont beaucoup baissé, malheureusement je reste frileux face à la complexité des montages et des mécanismes de transfert de crédits. Je crois qu'il est plus prudent d'attendre la publication des bilans en 2008 avant de prendre position sur ce secteur.
Enfin, Les deux piliers de mon portefeuille, à savoir l'or et le pétrole.
Pour l'instant, ce choix est gagnant. L'or et le pétrole servent de valeur-refuge face à un risque de correction encore plus prononcée du $. Les tensions sur le rapport offre/demande soutiennent les cours du pétrole et servent de caution à des mouvements spéculatifs. L'atteinte des 100$ était clairement un objectif de certains intervenants sur ce marché. Désormais, je suis prudent sur les cours du brut c'est à dire que je ne prends pas position sur ces niveaux notamment sur des positions corrélées au sous-jacent physique.
Sur les actions pétrolières, je suis positif car elle ne réflète pas la hausse du brut de ces derniers mois, elles sont relativement peu chères. Mon biais "juniors" pétrolières m'a permis d'engranger de bons résultats. Afren est passée de 0.64 £ à 1.15£, Gasol de 0.55 à 0.8 £ et MOG de 1.55£ à 1.47£ depuis la fin juillet 2007. Pour l'instant, je suis satisfait de ces choix.
Je maintiens ces positions et ne change rien pour l'instant. Seul un évènement intrinsèque à l'une de ces sociétés pourrait aboutir à une cession partielle ou totale de ma position.
Quant à l'or, je suis toujours haussier à moyen-long terme. Mon objectif sur ce support est la cible des 1500 $ l'once d'ici quelques années. Je privilégie le physique en direct et Prim commodor comme vecteur d'investissement sur le gold. Une petite part est allouée aux mines d'or mais ce secteur est l'un des plus spéculatifs du marché, la prudence s'impose.
mercredi 5 décembre 2007
Un nouveau paradigme pétrolier?
Tous les économistes s'accordent sur un point, la croissance économique va de pair avec une croissance de la demande énergétique. Même si l'évolution des technologies, des processus de production ont permis de réduire la part de l'énergie dans la production d'un bien en 30 ans, il n'en reste pas moins que la croissance de la demande de pétrole dans le monde a fluctué autour des 2%/an ces dernières décennies ( et ce malgré une économie tournée toujours plus vers les services). L'émergence de nouvelles puissances industrielles, principalement la chine mais aussi la plupart des pays en forte croissance, a placé sur le devant de la scène économique internationale la question cruciale de l'accès à une énergie abondante et peu chère. Cette "explosion" de croissance en provenance de l'Asie a mis en exergue le relatif sous-investissement pétrolier dans les années 90 sur fond de pétrole bon marché ( 12$ le baril en 1998). Ces tensions sur la demande font dire à la plupart des commentateurs que le choc pétrolier que nous vivons est à différencier des précédents chocs pétroliers intervenus dans les années 70. Ces derniers se fondaient sur une raréfaction de l'offre sur fond de politique de l'OPEP plus restrictive. La "crise" pétrolière actuelle s'en distinguerait fondamentalement. Doit-on en conclure qu'une "normalisation" de ces tensions interviendra dans un futur proche consécutive à la mise production de nouvelles capacités?
Je ne le pense pas. Un nouveau paradigme pétrolier semble se dessiner. Il prend corps depuis deux ans mais la plupart des observateurs préfèrent encore l'écarter. Il s'agit d'un possible plafonnement de la production pétrolière.
Cette réflexion, je l'ai menée depuis près de 3 ans. Au départ sceptique, je me suis orienté de plus en plus vers un scénario plus "tendu" en matière de ratio offre/demande. De nombreux questionnements subsistent mais un renversement de tendance semble sur le point de voir le jour.
Suite à plusieurs rencontres notamment avec Jean lahèrrere ( lors d'une conférence organisée par Amiral gestion), M.Bauquis et divers géologues (notamment certains spécialisés dans la modélisation des failles à l'intérieur d'un réservoir pétrolier), je me suis "converti" à l'idée que notre avenir énergétique allait être bien plus délicat pour les décennies à venir. Sans parler de l'émergence de la chine et de cette croissance "émergente" énergivore, les "fondamentaux" de l'offre pétrolière semblent "se détériorer". Non pas qu'il s'agisse d'une politique menée par les membres de l'OPEP mais plutôt le fruit de la géologie.
Le phénomène de dépletion:
C'est un phénomène géologique classique auquel sont confrontés tous les producteurs de pétrole.
Petit résumé rapide et simplifié à l'extrème sur la "naissance" du pétrole :
Un réservoir pétrolier est une accumulation de sédiments transformés avec le temps, et la géologie, en liquide et en gaz. Sous la pression du gaz qui s'est accumulé lors du réchauffement pendant quelques millions d'années, le liquide remonte à la surface et connaît deux variantes:
-soit il est arrété par une couche géologique hermétique, et dans ce cas, il constitue un réservoir pétrolier, éventuellement exploitable en fonction de la porosité de la roche, la qualité du pétrole, etc.
-soit il remonte à la surface et se dégrade avec l'usure du temps, les fameux "sables bitumineux".
-Il se peut que la "maturation" des sédiments ne soit pas assez longue. On parle alors de kérogène.
Des modes d'extraction qui ont évolué avec le temps:
-L'exploitation des sables bitumineux se fait via des méthodes essentiellement d'origine minière. De nouvelles technologies ont été développées ces dernières années en injectant de la vapeur d'eau afin de liquéfier ce pétrole et le pomper.
-L'exploitation d'un champ conventionnel est plus "aisée". Nous sommes passés de l'exploitation des réserves "onshore" à de l'"offshore profond". L'amélioration de la sismique, ainsi que l'amélioration des techniques d'extraction ont sans cesse repoussé les seuils de production.
Sur la base d'un même nombre de barils en terre, on a pu ainsi maintenir des réserves "prouvées" à l'équilibre voire en augmentation, et ce, grâce à l'évolution de la technologie.
Malgré la raréfaction des découvertes majeures au cours des 3 dernières décennies, les compagnies nationales ou privées pétrolières ont pu ainsi afficher des réserves "prouvées" à l'équilibre. En 1970, on nous prédisait 40 ans de réserve. En 2007, c'est toujours la cas...
Je vais aller plus loin en affirmant que nous disposons de réserves énormes de pétrole, que nos desendants, aprés plusieurs générations, connaîtront encore le pétrole. Ce n'est pas un problème de réserve, c'est un problème de volume de production. Le débat est tronqué car les techniques permettent d'améliorer l'extraction, c'est vrai, mais elles ne peuvent pas aller à l'encontre de la géologie, et notamment, du phénomène de dépletion.
Le phénomène de dépletion est la chute de production d'un réservoir suite à son exploitation. La pression interne, moteur de l'expulsion du pétrole, s'affaiblit et finit par décroître. Les nouvelles techniques d'extraction mentionnées plus haut ont pour but, la plupart du temps, de maintenir cette pression en injectant du gaz, des fluides afin de comprimer le pétrole et d'augmenter les débits de production. Le revers de la médaille est, le plus souvent, une "durée de vie" plus courte du réservoir, on extrait ce pétrole plus vite, en masse, mais on altère le profil de production originel.
Ceci aboutit au bout de quelques années d'exploitation à une chute de la production plus ou moins marquée en fonction des techniques d'extraction utilisées.
Revenons à notre paysage "géologique" actuel.
Nous pouvons distinguer deux acteurs au sein de l'offre pétrolière, l'OPEP et le reste des producteurs.
Officiellement, les producteurs hors OPEP ont entamé un déclin sauf la Russie. La production en provenance de ces pays est en diminution. Là-dessus, plus personne ne contexte cet élément factuel.
"l'Industrie pétrolière en 2005" DIREM Juillet 2006"
Extrait:
"L'ensemble des pays de l'OCDE connaît une baisse importante de sa production. Les Etats-Unis ont dû faire face en 2005 aux conséquences des ouragans Katrina et Rita, qui ont amputé la production d'environ 100 millions de barils. Mais ils sont aussi confrontés, comme le reste des pays de la zone OCDE, au déclin de leurs champs matures qui entraîne une baisse inéluctable de la production. C'est ainsi que la production en mer du Nord (Norvège, Royaume-Uni) décroît de près de 9 % pendant l'année 2005"
http://www.industrie.gouv.fr/energie/petrole/textes/explo-pro-monde05.htm
Ainsi, le monde Hors OPEP ( soit plus de 50% de la production mondiale) est entré en dépletion, c'est à dire en chute de production. Est-ce inéluctable?
Difficile à affirmer sans hésitations mais il semblerait qu'il soit délicat à l'avenir d'inverser la tendance.
Il ne reste donc plus que l'OPEP, avec ses 40% de parts de marché, seule capable d'augmenter significativement ses volumes de production. C'est à ce niveau que le doute s'installe. Le sous-investissement des années 90 a été flagrant et se paye aujourd'hui. L'OPEP possède-t-elle des capacités supplémentaires de production?
Certains adeptes du "peak oil"vous affirmeront que l'OPEP a touché également un maximum de production en 2006 ou est proche de le toucher.
D'autres affirment que cela ne tient qu'à une volonté politique, l'OPEP instrumentalisant les tensions sur la demande pour profiter à plein de l'envolée des prix.
Quoiqu'il en soit, tout va dépendre de l'OPEP. C'est ce qui est le plus inquiètant.
Les réticences de l'OPEP en 2007 à augmenter son volume de production( malgré une envolée des prix, une contraction de la demande aux US ainsi que la chute historique des stocks de brut) semblent aller dans le sens des "peakistes", à savoir des tensions sur l'offre se greffant aux tensions sur la demande.
L'OPEP dispose-t-elle de capacités supplémentaires de production?
Je le pense. Mais pour combien de temps?
Car un autre scénario se joue sur la scène mondiale..celui de l'accroissement de la demande, et ce, de manière structurelle. Les prévisions de l'AIE tablent sur une demande pétrolière à hauteur de 110 M. de barils par jour d'ici 15/20 ans.
Or, à l'heure actuelle, l'offre pétrolière se situe aux alentours des 85M. de barils/jour.
Le changement de paradigme possède donc un double fondement:
-Un accroissement important de la demande à venir
-Des difficultés à augmenter les capacités de production
Que penser des solutions alternatives ou complémentaires souvent évoquées?
Les sables bitumineux:
Extrèmement difficile à extraire et à valoriser. Ce sont des projets trés capitalistiques qui subissent une explosion des coûts de production, dont les conséquences sur l'environnement sont lourdes.
Le Canada table sur une production d'ici 10 ans de l'ordre de 3M. de barils/jour ou guère plus..pas de quoi changer la face du monde.
Les schistes ou kérogène:
A l'étude, toujours à l'étude, et ce, malgré un baril à près de 100$. La technologie n'est pas au point.
Offshore profond:
Le plus prometteur mais long, trés long à mettre en route. C'est à ce niveau que les plus belles surprises pourraient intervenir en terme de découvertes majeures ( cf dernière découverte au Brésil d'un champ majeur).
Les nouvelles technologies d'extraction:
Un potentiel certain, je pense à l'utilisation des méthodes d'extraction par gravitation à l'essai en ce moment. Les taux de récupération pourraient considérablement augmenter mais pas, a priori, les volumes de production.
Les énergies "propres":
Toutes les prévisions de l'AIE tablent sur une part relativement mince d'ici 20 ans de ces sources d'énergie. Une crise pétrolière grave pourrait changer la donne..
A mes yeux, la question cruciale n'est pas celle de la raréfaction, contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, c'est celle du "découplage", pour reprendre un terme à la mode, entre l'offre et la demande de produits pétroliers. La question fondamentale est celle de la capacité des producteurs à augmenter le volume de barils sur le marché. A ce niveau, je suis plutôt perplexe, non pas dans les mois ou les deux-trois années à venir mais dans lors de la prochaine décennie. Il se pourrait que ce choc de la demande se transforme en un choc de l'offre, mais cette fois-ci fondé sur des raisons "géologiques". Cette prise de conscience semble graduelle à l'heure actuelle car l'OPEP avance toujours l'argument qu'elle pourra répondre à l'accroissement de la demande. Il se peut que la décennie 2010-2020 nous réserve une surprise à ce niveau, ce qui ne manquerait pas d'aboutir à des "perturbations" importantes non seulement sur les marchés financiers mais surtout dans l'économie réelle.
Investir sur le pétrole et sur les sociétés pétrolières semble être un choix "Gagnant-gagnant"à l'avenir sauf catastrophe économique majeure ou révolution technologique.
Toutefois, le choix des supports sera primordial. Nous développerons ces aspects dans un prochain commentaire.
Je ne le pense pas. Un nouveau paradigme pétrolier semble se dessiner. Il prend corps depuis deux ans mais la plupart des observateurs préfèrent encore l'écarter. Il s'agit d'un possible plafonnement de la production pétrolière.
Cette réflexion, je l'ai menée depuis près de 3 ans. Au départ sceptique, je me suis orienté de plus en plus vers un scénario plus "tendu" en matière de ratio offre/demande. De nombreux questionnements subsistent mais un renversement de tendance semble sur le point de voir le jour.
Suite à plusieurs rencontres notamment avec Jean lahèrrere ( lors d'une conférence organisée par Amiral gestion), M.Bauquis et divers géologues (notamment certains spécialisés dans la modélisation des failles à l'intérieur d'un réservoir pétrolier), je me suis "converti" à l'idée que notre avenir énergétique allait être bien plus délicat pour les décennies à venir. Sans parler de l'émergence de la chine et de cette croissance "émergente" énergivore, les "fondamentaux" de l'offre pétrolière semblent "se détériorer". Non pas qu'il s'agisse d'une politique menée par les membres de l'OPEP mais plutôt le fruit de la géologie.
Le phénomène de dépletion:
C'est un phénomène géologique classique auquel sont confrontés tous les producteurs de pétrole.
Petit résumé rapide et simplifié à l'extrème sur la "naissance" du pétrole :
Un réservoir pétrolier est une accumulation de sédiments transformés avec le temps, et la géologie, en liquide et en gaz. Sous la pression du gaz qui s'est accumulé lors du réchauffement pendant quelques millions d'années, le liquide remonte à la surface et connaît deux variantes:
-soit il est arrété par une couche géologique hermétique, et dans ce cas, il constitue un réservoir pétrolier, éventuellement exploitable en fonction de la porosité de la roche, la qualité du pétrole, etc.
-soit il remonte à la surface et se dégrade avec l'usure du temps, les fameux "sables bitumineux".
-Il se peut que la "maturation" des sédiments ne soit pas assez longue. On parle alors de kérogène.
Des modes d'extraction qui ont évolué avec le temps:
-L'exploitation des sables bitumineux se fait via des méthodes essentiellement d'origine minière. De nouvelles technologies ont été développées ces dernières années en injectant de la vapeur d'eau afin de liquéfier ce pétrole et le pomper.
-L'exploitation d'un champ conventionnel est plus "aisée". Nous sommes passés de l'exploitation des réserves "onshore" à de l'"offshore profond". L'amélioration de la sismique, ainsi que l'amélioration des techniques d'extraction ont sans cesse repoussé les seuils de production.
Sur la base d'un même nombre de barils en terre, on a pu ainsi maintenir des réserves "prouvées" à l'équilibre voire en augmentation, et ce, grâce à l'évolution de la technologie.
Malgré la raréfaction des découvertes majeures au cours des 3 dernières décennies, les compagnies nationales ou privées pétrolières ont pu ainsi afficher des réserves "prouvées" à l'équilibre. En 1970, on nous prédisait 40 ans de réserve. En 2007, c'est toujours la cas...
Je vais aller plus loin en affirmant que nous disposons de réserves énormes de pétrole, que nos desendants, aprés plusieurs générations, connaîtront encore le pétrole. Ce n'est pas un problème de réserve, c'est un problème de volume de production. Le débat est tronqué car les techniques permettent d'améliorer l'extraction, c'est vrai, mais elles ne peuvent pas aller à l'encontre de la géologie, et notamment, du phénomène de dépletion.
Le phénomène de dépletion est la chute de production d'un réservoir suite à son exploitation. La pression interne, moteur de l'expulsion du pétrole, s'affaiblit et finit par décroître. Les nouvelles techniques d'extraction mentionnées plus haut ont pour but, la plupart du temps, de maintenir cette pression en injectant du gaz, des fluides afin de comprimer le pétrole et d'augmenter les débits de production. Le revers de la médaille est, le plus souvent, une "durée de vie" plus courte du réservoir, on extrait ce pétrole plus vite, en masse, mais on altère le profil de production originel.
Ceci aboutit au bout de quelques années d'exploitation à une chute de la production plus ou moins marquée en fonction des techniques d'extraction utilisées.
Revenons à notre paysage "géologique" actuel.
Nous pouvons distinguer deux acteurs au sein de l'offre pétrolière, l'OPEP et le reste des producteurs.
Officiellement, les producteurs hors OPEP ont entamé un déclin sauf la Russie. La production en provenance de ces pays est en diminution. Là-dessus, plus personne ne contexte cet élément factuel.
"l'Industrie pétrolière en 2005" DIREM Juillet 2006"
Extrait:
"L'ensemble des pays de l'OCDE connaît une baisse importante de sa production. Les Etats-Unis ont dû faire face en 2005 aux conséquences des ouragans Katrina et Rita, qui ont amputé la production d'environ 100 millions de barils. Mais ils sont aussi confrontés, comme le reste des pays de la zone OCDE, au déclin de leurs champs matures qui entraîne une baisse inéluctable de la production. C'est ainsi que la production en mer du Nord (Norvège, Royaume-Uni) décroît de près de 9 % pendant l'année 2005"
http://www.industrie.gouv.fr/energie/petrole/textes/explo-pro-monde05.htm
Ainsi, le monde Hors OPEP ( soit plus de 50% de la production mondiale) est entré en dépletion, c'est à dire en chute de production. Est-ce inéluctable?
Difficile à affirmer sans hésitations mais il semblerait qu'il soit délicat à l'avenir d'inverser la tendance.
Il ne reste donc plus que l'OPEP, avec ses 40% de parts de marché, seule capable d'augmenter significativement ses volumes de production. C'est à ce niveau que le doute s'installe. Le sous-investissement des années 90 a été flagrant et se paye aujourd'hui. L'OPEP possède-t-elle des capacités supplémentaires de production?
Certains adeptes du "peak oil"vous affirmeront que l'OPEP a touché également un maximum de production en 2006 ou est proche de le toucher.
D'autres affirment que cela ne tient qu'à une volonté politique, l'OPEP instrumentalisant les tensions sur la demande pour profiter à plein de l'envolée des prix.
Quoiqu'il en soit, tout va dépendre de l'OPEP. C'est ce qui est le plus inquiètant.
Les réticences de l'OPEP en 2007 à augmenter son volume de production( malgré une envolée des prix, une contraction de la demande aux US ainsi que la chute historique des stocks de brut) semblent aller dans le sens des "peakistes", à savoir des tensions sur l'offre se greffant aux tensions sur la demande.
L'OPEP dispose-t-elle de capacités supplémentaires de production?
Je le pense. Mais pour combien de temps?
Car un autre scénario se joue sur la scène mondiale..celui de l'accroissement de la demande, et ce, de manière structurelle. Les prévisions de l'AIE tablent sur une demande pétrolière à hauteur de 110 M. de barils par jour d'ici 15/20 ans.
Or, à l'heure actuelle, l'offre pétrolière se situe aux alentours des 85M. de barils/jour.
Le changement de paradigme possède donc un double fondement:
-Un accroissement important de la demande à venir
-Des difficultés à augmenter les capacités de production
Que penser des solutions alternatives ou complémentaires souvent évoquées?
Les sables bitumineux:
Extrèmement difficile à extraire et à valoriser. Ce sont des projets trés capitalistiques qui subissent une explosion des coûts de production, dont les conséquences sur l'environnement sont lourdes.
Le Canada table sur une production d'ici 10 ans de l'ordre de 3M. de barils/jour ou guère plus..pas de quoi changer la face du monde.
Les schistes ou kérogène:
A l'étude, toujours à l'étude, et ce, malgré un baril à près de 100$. La technologie n'est pas au point.
Offshore profond:
Le plus prometteur mais long, trés long à mettre en route. C'est à ce niveau que les plus belles surprises pourraient intervenir en terme de découvertes majeures ( cf dernière découverte au Brésil d'un champ majeur).
Les nouvelles technologies d'extraction:
Un potentiel certain, je pense à l'utilisation des méthodes d'extraction par gravitation à l'essai en ce moment. Les taux de récupération pourraient considérablement augmenter mais pas, a priori, les volumes de production.
Les énergies "propres":
Toutes les prévisions de l'AIE tablent sur une part relativement mince d'ici 20 ans de ces sources d'énergie. Une crise pétrolière grave pourrait changer la donne..
A mes yeux, la question cruciale n'est pas celle de la raréfaction, contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, c'est celle du "découplage", pour reprendre un terme à la mode, entre l'offre et la demande de produits pétroliers. La question fondamentale est celle de la capacité des producteurs à augmenter le volume de barils sur le marché. A ce niveau, je suis plutôt perplexe, non pas dans les mois ou les deux-trois années à venir mais dans lors de la prochaine décennie. Il se pourrait que ce choc de la demande se transforme en un choc de l'offre, mais cette fois-ci fondé sur des raisons "géologiques". Cette prise de conscience semble graduelle à l'heure actuelle car l'OPEP avance toujours l'argument qu'elle pourra répondre à l'accroissement de la demande. Il se peut que la décennie 2010-2020 nous réserve une surprise à ce niveau, ce qui ne manquerait pas d'aboutir à des "perturbations" importantes non seulement sur les marchés financiers mais surtout dans l'économie réelle.
Investir sur le pétrole et sur les sociétés pétrolières semble être un choix "Gagnant-gagnant"à l'avenir sauf catastrophe économique majeure ou révolution technologique.
Toutefois, le choix des supports sera primordial. Nous développerons ces aspects dans un prochain commentaire.
lundi 26 novembre 2007
The emerging commodities fund, une "perle"
Société de gestion: SPGP (http://www.spgp.fr/)
FCP ARIA sectoriel: commodities
VL au 26/11/2007: 16 087 euros
Valeur liquidative d'origine: 10 000 euros
Gestionnaire : Guy-Philippe Bertin assisté de Dimitri Meyer
Code ISIN: FR0010360750
Le secteur des commodities est en ébullition, records du pétrole, de l'or, du blé, du zinc..Ces deux dernières années ont été marquées par une pluie de records sur cette classe d'actifs.
Ceci est le fait essentiellement des tensions générées par l'émergence de nouvelles puissances industrielles avec comme figure de proue la Chine. Si l'on entrevoît la montée en puissance de la Chine comme une évolution inéluctable, il convient d'analyser avec attention ce secteur et, surtout, de faire le bon choix quant aux véhicules de placement.
Sans développer mon point de vue, ce que je pense faire dans un prochain commentaire, je crois que nous nous situons au sein d'un mouvement structurel de hausse du secteur énergétique et agricole. Mes anticipations sur le secteur des métaux industriels tendent à être plus mitigées et plus prudentes car j'entrevois un ralentissement marqué de la croissance mondiale d'ici un an ou deux, sur fond de récession américaine.
A l'heure actuelle, j'ai opté pour deux types d'investissement dans ce secteur qui constitue le coeur de mon portefeuille:
-direct, à travers des certificats ou du physique dans l'or et les matières premières agricoles.
-indirect via des FCP notamment le fonds présenté ci-dessous et des actions sélectionnées selon certains critères qui me sont propres ( cf AFREN, GASOL..)
J'ai donc choisi de vous présenter un fonds "atypique" dans le secteur des commodities, un fonds qui recèle selon moi un potentiel important à LT. Il s'agit d'un fonds ARIA avec à sa tête un gérant de qualité, spécialisé dans le secteur des commodities et, plus particulièrement, dans la catégorie des "juniors". Je dois avouer que je me suis beaucoup inspiré du travail de ce gérant, de ses méthodes d'analyse qu'il décrivait dans ses "lettres aux investisseurs trimestrielles" pour me lancer dans la recherche de juniors essentiellement dans le domaine énergétique.
La particularité de ce fonds est qu'il n'est pas soumis aux mêmes règles que les FCP ou SICAV "classiques", laissant au gérant une trés grande marge de manoeuvre quant à la place du "non-coté" ou quant à la pondération de chaque ligne au sein du portefeuille. Ce recours important à des investissements dans le "non-coté" lui confère la plupart du temps un effet de levier "puissant" lors des IPO. J'ai tendance à qualifier ce fonds de hedge funds dans les "juniors" commodities.
Depuis sont lancement cad au mois d'octobre 2006, le fonds a connu une trés belle progression de l'ordre de 60%, surperformant trés sensiblement son marché de référence. L'allocation d'actifs est pointue, originale. Il est possible d'envisager de le jumeler avec un fonds plus généraliste comme Carmignac commodities ou Global energy. La volatilité du fonds a été, jusqu'à présent, plus que satisfaisante à la lumière des performances dégagées sur la période.
Voici, ci-dessous, la stratégie d'investissement décrite sur le site de la société de gestion:
"
Stratégie d’investissement : Pour réaliser l’objectif de gestion du Fonds, le gérant investit dans des valeurs liées directement ou indirectement aux ressources naturelles. Cet univers englobe de manière générale les matières premières énergétiques (juniors ou majors ayant une activité pétrolière ou gazière, les métaux précieux (or, argent, platine, palladium, etc.), les pierres précieuses (émeraudes, diamants, gemmes, etc.], les métaux non précieux (cuivre, aluminium, alumine, charbon, zinc, plomb, étain, terres rares, nickel, uranium, etc.), et les matières premières agricoles (sucre, etc.).
Le Fonds peut choisir d’investir dans des véhicules dont l’activité n’est qu’indirectement liée aux ressources naturelles comme par exemple le secteur de la sismique ou du transport maritime. Le gérant du Fonds est habilité à investir dans le secteur des ressources naturelles sur les cinq continents, dès lors que des opportunités semblent lui apparaître et peut consacrer jusqu’à 50% de son actif dans l’investissement de sociétés non cotées.
Le gérant du Fonds pourra investir tant sur des actions, que sur des warrants, des options ou des obligations convertibles, des titres de créances (obligations, titrisation de créances) et tout produit monétaire ou assimilé. L’action sera toutefois l’instrument financier privilégié du Fonds, même si une stratégie d’acquisition d’options de dérivés, futures sur indice ou trackers pourra être mise en place pour protéger le portefeuille ou le dynamiser.
La stratégie d’investissement en actions sera celle de “stock picking“ pur, c’est-à-dire la sélection de titres “valeurs par valeurs”, sans référence à aucun indice ou marché géographique particulier. Le gérant du Fonds entend sélectionner les valeurs choisies à partir de l’étude des rapports annuels des sociétés, de la lecture de notes d’analyses financières leur étant consacrées, de contacts réguliers avec les sociétés de bourse assurant le suivi desdites valeurs et enfin en assistant fréquemment à des réunions de présentation desdites sociétés au cours desquelles le management détaillera sa stratégie de développement ou d’acquisition.
Le gérant du Fonds privilégiera l’investissement dans les petites et moyennes capitalisations (par opposition aux grandes capitalisations qui composeront moins de la moitié de l’actif), avec une prédominance géographique faisant ressortir la pondération des pays miniers traditionnels (Canada, pays du Continent africain, Russie et pays de l’ancienne Union Soviétique, Australie…). La partie du Fonds qui ne serait pas investie en valeurs ayant une relation directe ou indirecte aux ressources naturelles pourra être investie en actions liées à d’autres secteurs que les ressources naturelles, en obligations ou en produits monétaires en fonction de l’appréciation du degré d’incertitude des Marchés Financiers par le gérant.
L’investissement dans les sociétés non cotées (50% maximum) sera, quant à lui, réalisé avec l’espoir raisonnable que la société accède à un marché réglementé dans un horizon inférieur à un an, si toutefois les conditions de marché le permettent à l’échéance de cet horizon. Pour réaliser son objectif de gestion et/ou gérer sa trésorerie, le Fonds peut investir, dans la limite de 10% maximum de son actif en parts ou actions d’OPCVM de droit français ou européens conformes à la Directive, de tous types de classifications.
Dans un but de réaliser l’objectif de gestion, l’Opcvm pourra intervenir sur les marchés réglementés, organisés et de gré à gré (futures, options, warrants). Dans ce cadre, le gérant pourra, en fonction de ses anticipations, prendre des positions pour couvrir le portefeuille contre le risque “actions” et le risque de “change” par le biais d’utilisation de futures, d’options et de change à terme. En vue de la dynamisation éventuelle du portefeuille, le gérant aura également la possibilité de recourir aux mêmes instruments financiers. Ces opérations seront effectuées dans la limite de 100% maximum de l’actif du fonds pour la couverture des risques actions et change et dans la limite de 20% maximum de l’actif du fonds pour la dynamisation du portefeuille. Le Fonds n’interviendra pas directement ou par le biais d’instruments financiers à terme sur les matières premières ou indices de matières premières.L’ensemble des actifs pouvant être utilisés dans le cadre de la gestion de l’OPCVM figure dans la note détaillée."
"The Emerging Commodities Fund est un OPCVM à règle d'investissement allégées sans effet de levier.Il n'est pas soumis aux même règles que les OPCVM " tous souscripteurs " et peut donc être plus risqué.Seules les personnes mentionnées à la rubrique " souscripteurs concernés " peuvent acheter des parts de l'OPCVM The Emerging Commodities Fund. Par conséquent, une "Déclaration Souscripteur" est requise. Les ordres de rachats seront exécutés dans un délai maximum de 59 jours. Une commission de rachat de 3%, acquise au fonds, sera prélevée."
http://www.spgp.fr/pdf/presse/Option_finance_121107_Bertin.pdf
Les avantages de ce fonds:
-Une équipe de gestion pointue, passionnée
-Un secteur d'intervention "atypique", les juniors
-Un périmètre d'intervention élargi avec une large place accordée au "non-coté"
Les points" négatifs":
-Une valeur liquidative élevée
-Une procèdure de souscription complexe et conditionnée
Ces points négatifs sont, à mes yeux, des points positifs dans l'ensemble. Ils confèrent au gérant une grande liberté de gestion.
FCP ARIA sectoriel: commodities
VL au 26/11/2007: 16 087 euros
Valeur liquidative d'origine: 10 000 euros
Gestionnaire : Guy-Philippe Bertin assisté de Dimitri Meyer
Code ISIN: FR0010360750
Le secteur des commodities est en ébullition, records du pétrole, de l'or, du blé, du zinc..Ces deux dernières années ont été marquées par une pluie de records sur cette classe d'actifs.
Ceci est le fait essentiellement des tensions générées par l'émergence de nouvelles puissances industrielles avec comme figure de proue la Chine. Si l'on entrevoît la montée en puissance de la Chine comme une évolution inéluctable, il convient d'analyser avec attention ce secteur et, surtout, de faire le bon choix quant aux véhicules de placement.
Sans développer mon point de vue, ce que je pense faire dans un prochain commentaire, je crois que nous nous situons au sein d'un mouvement structurel de hausse du secteur énergétique et agricole. Mes anticipations sur le secteur des métaux industriels tendent à être plus mitigées et plus prudentes car j'entrevois un ralentissement marqué de la croissance mondiale d'ici un an ou deux, sur fond de récession américaine.
A l'heure actuelle, j'ai opté pour deux types d'investissement dans ce secteur qui constitue le coeur de mon portefeuille:
-direct, à travers des certificats ou du physique dans l'or et les matières premières agricoles.
-indirect via des FCP notamment le fonds présenté ci-dessous et des actions sélectionnées selon certains critères qui me sont propres ( cf AFREN, GASOL..)
J'ai donc choisi de vous présenter un fonds "atypique" dans le secteur des commodities, un fonds qui recèle selon moi un potentiel important à LT. Il s'agit d'un fonds ARIA avec à sa tête un gérant de qualité, spécialisé dans le secteur des commodities et, plus particulièrement, dans la catégorie des "juniors". Je dois avouer que je me suis beaucoup inspiré du travail de ce gérant, de ses méthodes d'analyse qu'il décrivait dans ses "lettres aux investisseurs trimestrielles" pour me lancer dans la recherche de juniors essentiellement dans le domaine énergétique.
La particularité de ce fonds est qu'il n'est pas soumis aux mêmes règles que les FCP ou SICAV "classiques", laissant au gérant une trés grande marge de manoeuvre quant à la place du "non-coté" ou quant à la pondération de chaque ligne au sein du portefeuille. Ce recours important à des investissements dans le "non-coté" lui confère la plupart du temps un effet de levier "puissant" lors des IPO. J'ai tendance à qualifier ce fonds de hedge funds dans les "juniors" commodities.
Depuis sont lancement cad au mois d'octobre 2006, le fonds a connu une trés belle progression de l'ordre de 60%, surperformant trés sensiblement son marché de référence. L'allocation d'actifs est pointue, originale. Il est possible d'envisager de le jumeler avec un fonds plus généraliste comme Carmignac commodities ou Global energy. La volatilité du fonds a été, jusqu'à présent, plus que satisfaisante à la lumière des performances dégagées sur la période.
Voici, ci-dessous, la stratégie d'investissement décrite sur le site de la société de gestion:
"
Stratégie d’investissement : Pour réaliser l’objectif de gestion du Fonds, le gérant investit dans des valeurs liées directement ou indirectement aux ressources naturelles. Cet univers englobe de manière générale les matières premières énergétiques (juniors ou majors ayant une activité pétrolière ou gazière, les métaux précieux (or, argent, platine, palladium, etc.), les pierres précieuses (émeraudes, diamants, gemmes, etc.], les métaux non précieux (cuivre, aluminium, alumine, charbon, zinc, plomb, étain, terres rares, nickel, uranium, etc.), et les matières premières agricoles (sucre, etc.).
Le Fonds peut choisir d’investir dans des véhicules dont l’activité n’est qu’indirectement liée aux ressources naturelles comme par exemple le secteur de la sismique ou du transport maritime. Le gérant du Fonds est habilité à investir dans le secteur des ressources naturelles sur les cinq continents, dès lors que des opportunités semblent lui apparaître et peut consacrer jusqu’à 50% de son actif dans l’investissement de sociétés non cotées.
Le gérant du Fonds pourra investir tant sur des actions, que sur des warrants, des options ou des obligations convertibles, des titres de créances (obligations, titrisation de créances) et tout produit monétaire ou assimilé. L’action sera toutefois l’instrument financier privilégié du Fonds, même si une stratégie d’acquisition d’options de dérivés, futures sur indice ou trackers pourra être mise en place pour protéger le portefeuille ou le dynamiser.
La stratégie d’investissement en actions sera celle de “stock picking“ pur, c’est-à-dire la sélection de titres “valeurs par valeurs”, sans référence à aucun indice ou marché géographique particulier. Le gérant du Fonds entend sélectionner les valeurs choisies à partir de l’étude des rapports annuels des sociétés, de la lecture de notes d’analyses financières leur étant consacrées, de contacts réguliers avec les sociétés de bourse assurant le suivi desdites valeurs et enfin en assistant fréquemment à des réunions de présentation desdites sociétés au cours desquelles le management détaillera sa stratégie de développement ou d’acquisition.
Le gérant du Fonds privilégiera l’investissement dans les petites et moyennes capitalisations (par opposition aux grandes capitalisations qui composeront moins de la moitié de l’actif), avec une prédominance géographique faisant ressortir la pondération des pays miniers traditionnels (Canada, pays du Continent africain, Russie et pays de l’ancienne Union Soviétique, Australie…). La partie du Fonds qui ne serait pas investie en valeurs ayant une relation directe ou indirecte aux ressources naturelles pourra être investie en actions liées à d’autres secteurs que les ressources naturelles, en obligations ou en produits monétaires en fonction de l’appréciation du degré d’incertitude des Marchés Financiers par le gérant.
L’investissement dans les sociétés non cotées (50% maximum) sera, quant à lui, réalisé avec l’espoir raisonnable que la société accède à un marché réglementé dans un horizon inférieur à un an, si toutefois les conditions de marché le permettent à l’échéance de cet horizon. Pour réaliser son objectif de gestion et/ou gérer sa trésorerie, le Fonds peut investir, dans la limite de 10% maximum de son actif en parts ou actions d’OPCVM de droit français ou européens conformes à la Directive, de tous types de classifications.
Dans un but de réaliser l’objectif de gestion, l’Opcvm pourra intervenir sur les marchés réglementés, organisés et de gré à gré (futures, options, warrants). Dans ce cadre, le gérant pourra, en fonction de ses anticipations, prendre des positions pour couvrir le portefeuille contre le risque “actions” et le risque de “change” par le biais d’utilisation de futures, d’options et de change à terme. En vue de la dynamisation éventuelle du portefeuille, le gérant aura également la possibilité de recourir aux mêmes instruments financiers. Ces opérations seront effectuées dans la limite de 100% maximum de l’actif du fonds pour la couverture des risques actions et change et dans la limite de 20% maximum de l’actif du fonds pour la dynamisation du portefeuille. Le Fonds n’interviendra pas directement ou par le biais d’instruments financiers à terme sur les matières premières ou indices de matières premières.L’ensemble des actifs pouvant être utilisés dans le cadre de la gestion de l’OPCVM figure dans la note détaillée."
"The Emerging Commodities Fund est un OPCVM à règle d'investissement allégées sans effet de levier.Il n'est pas soumis aux même règles que les OPCVM " tous souscripteurs " et peut donc être plus risqué.Seules les personnes mentionnées à la rubrique " souscripteurs concernés " peuvent acheter des parts de l'OPCVM The Emerging Commodities Fund. Par conséquent, une "Déclaration Souscripteur" est requise. Les ordres de rachats seront exécutés dans un délai maximum de 59 jours. Une commission de rachat de 3%, acquise au fonds, sera prélevée."
http://www.spgp.fr/pdf/presse/Option_finance_121107_Bertin.pdf
Les avantages de ce fonds:
-Une équipe de gestion pointue, passionnée
-Un secteur d'intervention "atypique", les juniors
-Un périmètre d'intervention élargi avec une large place accordée au "non-coté"
Les points" négatifs":
-Une valeur liquidative élevée
-Une procèdure de souscription complexe et conditionnée
Ces points négatifs sont, à mes yeux, des points positifs dans l'ensemble. Ils confèrent au gérant une grande liberté de gestion.
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